
LA VIGNE (Décembre 2024)
ACTUALITÉ RÉGIONS
Val de Loire / Cap sur les résistants
Lassé par les faiblesses du cépage de son appellation, le melon de Bourgogne, un vigneron du Muscadet se prépare à en arracher une grande partie au profit de variétés résistantes.
Jérôme Choblet, dirigeant du domaine des Herbauges, à Bouaye (44).
Changement de cap pour Jérôme Choblet. Alors que 80 % de son vignoble est planté en melon de Bourgogne pour produire du Muscadet, il se prépare à en arracher une grosse partie au profit d'une série de cépages résistants.
« Le melon est notre cépage le plus problématique. Quand il gèle, il ne repart qu’en feuilles. Il est sensible au mildiou, à l’oïdium et au black-rot et il craint l’excès d’eau », rapporte ce vigneron à la tête du domaine des Herbauges, 110 ha à Bouaye, en Loire-Atlantique, dont 87 de melon de Bourgogne.
Après ce printemps excessivement pluvieux, ce cépage est parti en vrille et n’a produit que 30 hl/ha contre 50 à 55 hl/ha en temps normal. Un phénomène qui a touché tout le vignoble, faisant chuter le rendement moyen des appellations Muscadet autour de 15 à 20 hl/ha.
« C’est la plus petite récolte de ces cinquante dernières années », pointe le vigneron.
Autres cépages, même style
Pour Jérôme Choblet, c’en est trop. Ou plutôt trop peu. Il a décidé d’arracher 30 ha de melon en trois ans, en commençant cet hiver, pour les remplacer par huit cépages résistants. Ses clients suivront-ils un tel changement de pied ? Jérôme Choblet y compte bien.
« On va rester sur le style Loire avec des vins blancs frais, fruités et peu alcoolisés. Et on va davantage communiquer sur l’IGP Val de Loire que sur les cépages », indique-t-il, espérant que toutes les variétés qu’il va planter entreront dans le cahier de charges de son IGP.
En attendant, il cherche des financements pour son projet qu’il évalue à 1 million d’euros.
« On a lancé un appel à nos plus gros clients. Trois d’entre eux ont déjà dit qu’ils nous aideraient. » Pour les convaincre, Jérôme Choblet leur vend une nouvelle viticulture avec beaucoup moins de traitements et beaucoup plus de diversité que la quasi-monoculture de melon. Une viticulture dans l’air du temps.
B.C.




